lundi 8 décembre 2008

Entre septembre 1999 et décembre 2008, j'aurais accumulé 20 mois de retard de salaires

Ce blog me donne enfin l'impression de ne pas témoigner dans le vide sidéral qui entoure les contractuels de l'Etat.

Et oui, je dis bien ETAT. Celui-ci même qui n'hésitera pas à vous mettre une pénalité de 10% si vous dépassez ne serait-ce que d'une heure la date limite de paiement de vos impôts (cachet de la poste faisant foi).

Je vais vous conter ma petite histoire :

Tout commence en 1999, major de ma promo de DEA, j'obtiens une allocation de recherche pour faire ma thèse et un poste à mi-temps comme monitrice à la Fac (un tout petit mot pour des profs qui font le même boulot qu'un enseignant-chercheur sauf qu'ils ont pas encore leur doctorat). CDD de 2 ans renouvelable 1 an. 3 ans maximum. Royal!

Je dois attendre mon salaire trois mois, qu'importe j'étais une misérable étudiante et je sais me serrer la ceinture.

Trois années passent, je décide de ne pas faire de demande de poste d'ATER (Attaché Temporaire d'Enseignement et de Recherche) pour finir ma thèse en 4ème année. ATER, c'est un statut bâtard, c'est comme les contractuels de l'enseignement agricole mais en pire : c'est un CDD d'un an renouvelable 1 an maximum. Je me réserve donc ces deux ans après le doctorat car je sais que les postes de titulaires se font rares, surtout dans ma matière.

Manque de bol, mes allocations chômage relèvent du rectorat et non des assedics et il faut savoir que pour l'ARE (Allocation de Retour à l'Emploi), c'est pareil que pour les salaires : « Veuillez attendre 3 mois avant premier paiement mademoiselle ! »

Là encore, j'avale la pilule, j'ai une thèse sur le feu ...


2004. Je soutiens ma thèse enceinte jusqu'aux yeux et obtiens un poste d'ATER dans ma ville. Nouveau contrat, nouveau trimestre de retard ... là encore je la boucle, de toute façon à qui le dire d'autre qu'à la pauvre secrétaire chargée d'enregistrer les dossiers.
Je fais mes 2 ans, je suis reçue sur la liste d'aptitude et ... ne trouve jamais de poste de maître de conférence. Ce bon vieux système de cooptation ne semble pas considérer l'intérêt de mon travail.
« Enchaînez trois ou quatre post-docs, et vous aurez un dossier digne d'un directeur de recherche, là vous trouverez certainement un poste » était le discours généralisé de mes paires titulaires.
NDLR : un post-doc c'est un CDD de recherche, de 6 à 24 mois maxi, payé entre 1100 € et 1500 € et pouvant se trouver n'importe où sur la planète.

Je décroche donc un post-doc à Paris dans un institut ultra renommé : gros points noirs 18 mois maxi et 1 500€ ......... pour une famille c'est bien trop précaire, de surcroit à Paris. Quelle idée aussi de faire des gosses à la fin de ses études, même à 30 ans !

C'en est trop, je jette l'éponge et pour « squizzer » la pénible phase des 3 mois sans ARE, je me jette dans le privé. Petit travail sympathique et intéressant, avec une paye acceptable, mais .... avec un patron tyrannique avec une nette tendance au harcèlement. En janvier 2008, je suis licenciée au bout de 20 mois pour m'être opposée aux pratiques de ce petit dictateur. Bon, rien de grave en somme, j'ai suffisamment cotisé au chômage pour que je puisse me retourner et peut-être revenir vers l'enseignement qui me manque.

Horreur ! Malheur ! Les assedics rejettent mon dossier : mes indemnisations chômages doivent être versée par le Rectorat car j'ai acquis plus de droits dans la fonction publique que dans le privé.

Et voici le déroulement de l'année 2008 :

janvier : dépôt de mon dossier aux assedic et rejet mi-février

mi-février : dépôt d'un dossier ARE au rectorat

mi-avril : premier versement de 50% des ARE dues. Nous n'avons pas payé le loyer et les factures de gaz et d'électricité durant ces trois mois, les frais de mise en demeure, les agios et les pénalités bancaires pleuvent.

Mai : nos cartes bancaires sont bloquées, nous n'arrivons pas à résorber le trou, mes allocations de retour à l'emploi arrivent sur mon compte sous forme d'avance de 85 % entre le 14 et le 26 de chaque mois, avec le complément le 29, lui aussi trois mois en décalé.

Enfin, nous réussissons à rétablir la situation en juillet grâce à l'aide de mes parents.

Août : nouveau coup de massue : le rectorat ferme, tout le monde part en vacances, alors vous comprenez bien qu'il n'y a personne pour faire les mises en paiement ! J'explose, pas de travail en perspective et le cauchemar financier qui recommence : rien de mi-juillet à fin septembre.

Septembre : enfin, une bouffée d'air : un poste d'ESC en lycée agricole, le travail rêvé pour moi ! Sauf que ... visiblement les contractuels sont aussi mal lotis qu'à l'Education Nationale.


Depuis septembre, je sombre à nouveau : toujours pas de contrat, un poste à mi-temps complété de 7 heures supplémentaires (passage à 90% refusé alors même que j'assure plus d'heures de cours qu'un titulaire à 100%).

Première avance de 1250 € le 31 octobre avec promesse que tout le complément serait versé avec mon salaire heures sup' comprises fin novembre.

26 novembre un virement intitulé « paye » de 840€ est versé. On est loin des 1755 € brut mensuel (heures sup' comprises).

Hier matin, message sur mon portable : la voix excédée de ma banquière m'annonce sur un ton humiliant que « ce n'est plus possible, cette fois je bloque vos cartes ». Demain, premier décembre, 16 jours avant l'anniversaire de mon fils et 23 jours avant Noël, nous démarrons le mois avec un débit de 1000€ sur nos comptes.

Pour l'année 2008, j'aurais totalisé 7 mois de retard de salaire ce qui représente environs 25% de revenu en moins envolés en frais d'intérêt, agios, pénalités de retard, commissions d'intervention, pénalités de rejet, frais d'huissiers et j'en passe. (exemple, mon prélèvement SFR de 34 € a été rejeté : 20 € de frais bancaires, ça fait cher l'abonnement)

Entre septembre 1999 et décembre 2008, j'aurais accumulé 20 mois de retard de salaires, non, vous ne rêvez pas, vous êtes en France au XXIème siècle.

Et si je faisais une grève de la faim ? À défaut d'être entendue j'économiserais les frais de nourriture !


Fanny

Précaires... sans salaire... sans contrat...

Bonsoir.

Je suis enseignant en physique chimie au lycée de wintzenheim depuis le premier septembre en tant qu' ACEN.
Mi octobre je pensais que le salaire ne tarderait pas (dans le privé il serait tombé au pire le 12) et lors de la réunion TUTAC organisée sur place, j'ai eu la stupéfaction de voir que je n'étais pas le seul.
Donc j'ai émis l'idée que nous étions bénévoles (hum !) et plusieurs collègues ont fait part de leur situation financière plus que "tendue" (pour rester correct)

Depuis cette réunion on nous promettait un paiement fin octobre puis au 10 puis au 20 novembre...
Ce n'est que le 25 que j'ai pu percevoir 75 % de la somme qui m'était due !

Se rendent-ils compte que derrière chaque prof se cache un être humain qui a besoin de manger et que se déplacer au lycée nécessite de remplir les réservoirs ?

Tant d'inhumanité parait irréel, là encore je resterai courtois mais il y aurait de quoi sortir quelques noms d'oiseaux!
Mais comment font -ils pour être si incompétents, si inhumains ...?
J'espère qu'ils auront au moins la délicatesse de s'excuser (mais ce n'est pas cela qui remboursera les agios payés par beaucoup d'entre nous)

Au lycée, nous avons prévu une journée d'action mardi 9 décembre pour exposer aux parents et aux médias notre situation humiliante, indigne et précaire.

Alexandre

vendredi 5 décembre 2008

De la précarité à …………la précarité.

Piquée par le virus de l’Education Socioculturelle en 1996, j’ai commencé en CFA par des vacations avec la certitude d’avoir trouvé ma voie.

Malgré cela, toute fraîche sortie d’une maîtrise et souhaitant avant tout me former, j’ai navigué vers d’autres horizons et d’autres missions jusqu’en 2003 où je suis revenue à l’ESC en tant qu’ACER à mi-temps.

J’ai fait deux ans dans le même établissement mais ayant besoin d’un plein temps, j’ai demandé et obtenu un poste à 100% à 250km de chez moi. En 2005, j’ai donc fait ce premier déménagement avec grand plaisir et j’ai passé une année formidable dans cet établissement avec en prime une inspection favorable et la reconnaissance de mes pairs.

Mais j’ai du quitter cet établissement puisqu’une titulaire est arrivée l’année suivante …. Pas de chance !!! Ce poste n’avait jamais été demandé par un titulaire depuis de nombreuses années et est actuellement de nouveau occupé par une contractuelle depuis deux ans.

Quoi qu’il en soit, me concernant, on m’a proposé fin août de cette même année un poste à 700 km de là….que j’ai accepté. J’ai donc remballé mes cartons avec un peu moins d’enthousiasme et surtout une facture plus substantielle.

Après une année dans cet établissement, j’ai eu une première proposition de poste à mi-temps à une centaine de km de mon lieu d’habitation et surtout une contractuelle déjà en poste peu désireuse de le « lâcher » ….je passerai les détails peu glorieux de cette période de harcèlement téléphonique pour m’inciter à trouver un poste ailleurs (comme si j’en avais le libre choix)…. et l’accueil « islandais » que m’ont réservé ses collègues lors de mon arrivée….

Suite à moult remous, j’ai au final « atterrie » dans un autre établissement à plein temps mais à 300km de chez moi….tout le monde était content !!!!

Cette fois, impossible d’envisager de nouveau un déménagement (mes finances criaient famine)…..j’ai donc opté pour une double résidence… et oui, quand on est contractuelle au MAP on ne se refuse rien…. Mais l’un dans l’autre, entre les deux loyers et les allers-retours….. j’ai craqué en janvier et démissionné….. suite à une proposition de CDD dans le secteur privé (ce qui relève d’un petit miracle quant on connaît la réticence des employeurs quand on annonce plusieurs années dans l’enseignement public….)

Février 2008, j’ai donc commencé une nouvelle vie avec le regret de quitter une profession que j’aimais….(Eh oui, ça arrive !) et pensant que mes tribulations de précaire au MAP étaient derrière moi.

Erreur, mon CDD n’ayant pu être renouvelé en juillet dernier faute de moyens, je me suis donc inscrite en tant que demandeur d’emploi et là……l’ASSEDIC m’a renvoyé vers le MAP responsable de ma prise en charge au titre de l’Allocation de Retour à l’Emploi.

Cette demande est en cours depuis le 8 août 2008….. nous sommes le 1er décembre….. je n’ai toujours aucune réponse effective du MAP quant à ma prise en charge éventuelle, et bien évidemment plus aucune rentrée d’argent depuis cette date. Pour le petit plus : mon dernier courrier recommandé du 20 novembre n’est toujours pas arrivé au MAP car il a croisé sur sa route la grève de la Poste….vraiment pas de chance qu’en on est dans l’urgence…. !!!!!!!!

Parallèlement, impossible de faire des demandes d’aides ou de minima sociaux….la réponse est toujours la même : je suis censée être prise en charge par le MAP…..

Au final : des dettes qui s’accumulent, un pied déjà bien engagé dans l’extrême précarité (je vais bientôt aller grossir les rangs du DAL (association du Droit Au Logement)), des portes qui se ferment un peu partout puisque officiellement je fais parti des demandeurs d’emploi bénéficiant d’une ARE et des journées qui alternent entre coups de téléphone, courriers pour tenter de débloquer ma situation et candidatures à tout va pour ne pas sombrer un peu plus….

Dommage, tout ce temps libre gâché !!!! ….j’aurai pu préparer le concours ESC ré-ouvert en 2009…Mais, là ma raison l’emporte : après un refus de l’administration pour que j’intègre le dispositif SAPIN et deux échecs à l’oral de ce même concours, il me semble évident que tout me dit que je n’ai pas la compétence pour ce métier… !!! Je l’avais juste assez pour boucher les trous en tant qu’ACE….

Hélène

Ex ESC Volante et même plus ... en colère.



mercredi 26 novembre 2008

On commence à parler de nous...

vu sur TF1 le 25 novembre au journal de 20H

http://tf1.lci.fr/infos/jt/0,,4171339,00-les-lycees-agricoles-font-la-greve-d-d-d-d-d-.html

Seul bémol, j'ai mis un commentaire pour contester le terme "quelques cas isolés de contractuels oubliés par l'état" Mais je n'arrive pas à le retrouver sur le site de TF1! Bizarre!

jérôme

CPE Itinérant... presque reçu concours... pas payé!

Bonjour à tous,

Les difficultés accrues de ma situation récente me décident à participer au blog des précaires.

Voici mon parcours:
mi/se pendant 3 ans au lycée professionnel agricole du Pays de Bray (76), j'ai obtenu un poste de CPE contractuel au lycée agricole de Chalons en champagne. J'ai occupé ce statut pendant 6 ans dans trois lycées différents.
Je me suis fait prendre mon premier poste à Chalons dès ma première année par une sortante de concours.
Dans mon deuxième poste au LEGTA de Chambray (27) où je suis resté en poste pendant deux ans, c'est la femme du proviseur qui a pris ma place, titularisée CPE par le plan Sapin.
Je suis ensuite resté trois ans au lycée du bois à Envermeu (76), où finalement mon poste a été pris par une sortante de concours externe qui ne connaissait rien au fonctionnement spécifique de l'enseignement agricole et qui m'a dit qu'elle avait choisi Envermeu car elle était proche de la mer et de la gare! L'impact sur ma vie de sa venue sur mon poste ne la préoccupant pas le moins du monde!

Rentrée 2007, je suis passé en CDI et j'ai pris un congé de formation afin que ma compagne puisse garder son travail et surtout pour tenter le concours interne. Je n'avais ainsi plus de logement de fonction et mon salaire s'est réduit à 1090€ par mois.
Au final, alors qu'en avril 2007, j'avais eu une inspection positive avec un très bon avis et que ma capacité à être CPE était officiellement reconnue, je ne réussis pas le concours! Je suis dernier sur la liste complémentaire et le seul à ne pas avoir obtenu de poste au final! Le plus rageant dans l'histoire, c'est que sur 9 reçus concours, 4 seulement occupés des postes de CPE contractuel.

Pour cette rentrée, je n'ai bien entendu eu aucun de mes vœux, et face à la réalité de la vie et aux difficultés actuelles de trouver un boulot après tant d'année passer dans l'enseignement, j'ai décidé de continuer et ai accepter un poste à 300km de ma petite famille.

Et comme si ma situation était trop confortable, je n'ai pas eu de paye en septembre et en octobre!
Après plusieurs demandes de régularisation soutenues par mes proviseur et proviseur adjointe, j'ai "menacé" la dame du ministère que j'ai eu au téléphone de venir camper dans son bureau jusqu'à régularisation. Il faut croire qu'ils ont cru à ma détermination vu ma proximité de Paris (1h) car tout était réglé en 5mn!

J'allais oublier que j'ai aussi été reçu début octobre au ministère pour discuter de ma non titularisation (vu que j'étais le seul de la liste complémentaire à ne pas être pris). On m'a répondu que mais les textes sont les textes, aucune dérogation! Si ils prennent une personne sur la liste complémentaire de l'interne, ils doivent en prendre deux sur la liste de l'externe....!

Avec tout cela, je suis donc bien entendu partant pour faire parti de ceux qui vont se battre pour que notre statut évolue enfin.

Cordialement
Yann

vendredi 14 novembre 2008

Tribulation d'un contractuel aux commissions de mouvement ACEN du MAP

La rentrée est bien entamée maintenant, c'est l'occasion pour moi de vous donner des nouvelles afin de reprendre dès ce début d'année scolaire notre combat contre notre statut de contractuel!

Je n'ai pas donné de nouvelles depuis le mois d'avril je crois... l'accident du travail qui m'a permis de rentrer en contact avec certains d'entre vous et de lancer notre mouvement collectif, m'a rattrapé quand il a fallu boucler les CCF de fin d'année! MAIS ce n'est pas tout.... la prise de contact avec l'intersyndicale qui avait abouti rappelez vous à une réunion avec trois d'entre nous, m'a permis d'être convoqué officiellement en tant qu' « expert » (ce n'est pas moi qui ait choisi ce terme! :-D ) officieusement en tant que membre du collectif contractuel afin de pouvoir témoigner du fonctionnement des réunions de mise en place des notes de service et de reclassement des agents contractuels.

J'ai donc choisi pour démarrer cette nouvelle année de lutte de vous faire partager l'expérience que j'ai vécu et de vous faire part de mes commentaires et impressions! Tout cela sous forme d'une espèce de chronique.

« Donc voilà, depuis la réunion avec l'intersyndicale SNETAP-SUD-SYAC CGT durant laquelle il est décidé d'étendre le collectif à l'ensemble des précaires du Ministère de l'Agriculture et de la Pèche (MAP) , le blog se met en place avec l'aide d'un représentant SYAC CGT qui maitrise ce genre de support informatique. Il fonctionne mais on manque de participation... c'est normal, après création nous devons attendre l'aval de l'intersyndicale pour le lancer officiellement. Curieusement alors que les syndicats minoritaires sont motivés, le syndicat majoritaire se fait attendre. Patience, ça va venir! En attendant je fais partie des modérateurs du blog afin de mettre en page les témoignages avant publication. Depuis février, nous n'en sommes qu'à 22 témoignages! Mais ce que je lis est terrifiant, le statut contractuel chez les enseignants et les personnels TOSS est une calamité engendrant des situations personnelles et professionnelles immondes!

Je suis révolté de lire tout cela... aussi quand un des représentants SYAC CGT me propose d'être nommer « expert » contractuel pour assister au déroulement des réunions concernant les mouvements contractuels, j'accepte immédiatement!

« Expert » ça me fait rire, je trouve ça un peu pompeux mais bon c'est le terme et puis si nous contractuels ne sommes pas en effet des experts connaissant ce statut et ses méfaits sur le bout des ongles... qui d'autre?

Me voici dans le train pour paris, puis le métro en direction du siège SYAC CGT où je suis attendu. J'arrive dans un couloir où surprise tous les syndicats minoritaires du MAP se partagent un grand couloir de bureaux. Ça change du siège du SNETAP qui lui, a un étage complet à la DGER. La CGT m'accueille de façon très sympa, l'ambiance est détendue mais on sent qu'il y a de l'activité et je suis mis dans l'ambiance avec simplicité comme si on me connaissait depuis longtemps!

Je suis mis au parfum, me faire venir en tant qu'expert est une décision du SYAC CGT qui ne fait pas l'unanimité. Je suis prévenu, si je souhaite dire quelque chose durant cette réunion, je devrais le faire par l'intermédiaire du représentant qui m'accompagne.

La réunion a lieu dans un mobile-home où nous allons rencontrer monsieur Bertrand DROGUET, chef du bureau BERFI. Mais auparavant nous nous retrouvons pour une pré réunion d'une heure entre les syndicats présents afin de s'accorder sur les questions et les problèmes à soulever. L'échange est cordial. Ma présence est acceptée. J'observe plus que je ne participe.

Durant une bonne heure, chaque syndicat émet ce qu'il souhaiterait voir soulever pendant la réunion avec M.DROGUET. J'apprécie de constater que l'investissement de chacun est total et va dans le sens de la défense des contractuels. Moi qui était méfiant sur le rôle réel des syndicats, je suis agréablement surpris.

Arrivée de M.DROGUET, il salue tout le monde et s'installe. Bon sang ce type est le cliché même du fonctionnaire d'état: costard, cravate, très axé sur la discipline, l'ordre et la rigueur! Début de la réunion, le tableau est dressé par notre hôte, c'est la première fois qu'il s'occupe des contractuels depuis sa nomination sur ce poste et il ne connait pas le dossier! Mais comment une telle chose est elle possible? Je constate en effet tout au long de la réunion que face à l'ardeur des syndicats et des problèmes soulevés, il ne maitrise absolument pas le sujet! Heureusement que ses aides de bureau sont là pour donner à la réunion la qualité qu'elle est censée avoir! Toutefois M.DROGUET joue parfaitement sont rôle de chef de bureau, et au fur et à mesure de la réunion, il nous impose ses règles de fonctionnement!

Je constate d'ailleurs avec plaisir la ténacité avec laquelle les syndicats défendent les agents contractuels que nous sommes, en essayant tant bien que mal de rendre un peu moins pénible notre statut à défaut d'en obtenir l'abolition. Ils contestent ce qu'il y a à contester, soulèvent des problèmes de fonctionnement, des problèmes liés à l'impact sur la vie des agents,... et obtiennent la mise en application de leur demande.

Seul bémol à cela, le manque d'harmonie dans le fonctionnement, on voit bien que le SNETAP est le syndicat majoritaire du MAP, il mène la réunion, prend et coupe la parole aux autres syndicats d'une façon pas très correcte. De plus, il aborde des sujets non discutés pendant la pré réunion intersyndicale et en ignore d'autres que les autres syndicats auraient aimé voir soulever. Ceux ci doivent faire preuve d'ailleurs de beaucoup d'opiniâtreté pour conserver la parole ou aborder les sujets ignorés.

Personnellement, ce n'est pas comme cela que je voyais un fonctionnement intersyndical!

Enfin la réunion se termine, l'ensemble des sujets ont été abordés et les exigences syndicales acceptées.

Retour au siège du SYAC CGT, bilan rapide des responsables sur le déroulement de la réunion et l'attitude de M.DROGUET et du SNETAP.

On me propose d'être de nouveau expert aux commissions de reclassement des agents contractuels enseignants. J'accepte. Avoir découvert une partie du fonctionnement ministériel qui gère notre vie professionnelle me donne envie d'en savoir plus!Juin arrive, je ne suis pas convoqué pour la première commission de reclassement, mais pour la deuxième qui aura lieu les 2 et 3 juillet.

Fin juin, je reçois par mail un travail de préparation. Il s'agit des tableaux des groupes EPS et documentation qui regroupent par région et lycée, les agents qui postulent sur chaque poste et l'ordre de leurs vœux. Je dois vérifier selon les critères de la note de service, quel agent est prioritaire sur quel poste. Ce n'est pas facile, certains postes ont plusieurs candidats, certains ont des situations tellement proches que faire le tri entre eux selon des critères en ignorant le coté humain est difficile... et pourtant inévitable! Alors je me dis que je dois faire au mieux et m'assurer qu'il n'y ait aucune erreur.

Le 1er juillet! Je fais ma réunion de fin d'année le matin dans mon lycée et pars juste après direction Paris. Première réunion le soir au siège du SYAC CGT, briefing sur le déroulement de la commission et sur notre rôle. Nous siégeons toujours par deux à chaque commission. Il y en a une par matière. Ceux qui siègent, suivent les délibérations et ont à charge d'intervenir pour dénoncer une erreur, contester un cas ou donner une information sur la situation d'un agent que le ministère n'aurait pas. Ceux qui ne siègent pas, saisissent les résultats des commissions sur informatique afin de pouvoir envoyer les listings officieux des résultats dès le 3 juillet au soir aux collègues contractuels.

Début de réunion 18h, fin 21h30.

Les réunions démarrent, les représentants de chaque syndicats sont présents ainsi que les personnels du ministère responsables de la discipline en question et M.DROGUET. Les choses vont très vite, il faut suivre l'annonce faite par le ministère de son étude de cas et du résultat, vérifier et intervenir si ce dernier est différent des classements que nous avons nous même établi mais aussi prendre note des résultats officiels!

Je trouve intéressant de voir que personnel du ministère et syndicats travaillent en équipe pour faire ce travail. Les premiers reconnaissant envers les second quand ceux ci amènent une information que le ministère n'avait pas pour attribuer un poste à un postulant. C'est remarquable de voir à quel point les représentants syndicaux présent connaissent la moindre information pouvant aider chaque cas de contractuel discuté!

Hop, fin de commission de deux matières, rotation de l'équipe du SYAC CGT, il s'agit maintenant de rentrer saisir les résultats des commissions auxquelles nous avons siégé. C'est long et fastidieux, il faut tout ressaisir et ajouter les diverses annotations qui ont décidé les choix litigieux ou les possibilités de mutation pour des collègues auxquels les postes demandés n'ont pas été attribués.

Journée longue 8h-21h... Même journée et mêmes horaires le 3 juillet!

Je fais mon bilan sur cette expérience vécue, je réalise la méconnaissance que j'avais de ce moment important dans la vie de chaque contractuel!

Moi qui avait un regard très critique au regard des syndicats, je suis impressionné par le travail fait par nos collègues, bénévoles rappelons le, même s'ils ont pour la plupart une décharge horaire. Par convictions syndicale et professionnelle, ils s'investissent jusqu'à mi juillet!

Toutefois je conserve une critique sur l'attitude individualiste d'un syndicat majoritaire qui ne fonctionne pas réellement selon moi en intersyndicale.

Je constate aussi qu'au regard du nombre de syndiqués au MAP, si il n'y avait pas d'intersyndicale, certains syndicats ne siégeraient pas aux commissions! Et que cela leur est permis grâce à la bonne volonté du SNETAP. C'est une bonne chose pour la représentativité syndicale!

Tout ne peut être parfait!

Je constate aussi que bon nombre de collègues contractuels ont parfois fait des vœux qui ne concordent pas du tout avec leur formation, leur diplôme, ou leur expérience d'enseignant. J'imagine alors la détresse de ces collègues qui tentent le vœu géographique qu'ils n'obtiendront pas! Car pour conserver une crédibilité au statut de contractuel, au statut d'enseignant; on ne peut pas accepter que n'importe quelle personne enseigne n'importe quelle discipline!

Je fais aussi le triste bilan qu'il reste après ces commissions beaucoup trop de postes non pourvus, qui seront en partie « donnés » aux agents contractuels non reclassés suite à cette seconde commission, MAIS qui surtout amèneront au recrutement de nouveaux agents contractuels à la rentrée. Les besoins sont bien là! Le ministère pourrait donc titulariser bon nombre d'entre nous! Malgré cette possibilité il persiste à développer la spirale infernale du statut contractuel!

Une lueur d'espoir toutefois, durant la commission, syndicats et ministère ont soulevé le cas d'une collègue qui aurait passé avec succès le capes interne de français de l'éducation nationale. Si après vérification, il s'avère qu'elle n'avait aucune ancienneté dans ce ministère, son cas ferait en quelque sorte « jurisprudence » pour nous tous qui pourrions prétendre à la légitimité de nous inscrire aux concours internes de l'éducation nationale!

C'est d'ailleurs vers cela que les syndicats espèrent obtenir quelque chose du ministère!

Voilà mon vécu de fin d'année 2007-2008 !

Je sais que nombre d'entre vous ont encore bougé!

Je sais mieux que jamais que le statut contractuel a encore tristement de trop beaux jours devant lui!

Je sais que nous devons plus qu'avant nous mobiliser, ne pas nous décourager,.... être chaque année un peu plus nombreux à nous regrouper pour nous faire entendre!

Au nom du collectif des précaires du ministère de l'agriculture déjà créé, je ne saurais que trop vous inciter à participer au blog en envoyant votre parcours professionnel en tant qu'agent contractuel, les témoignages des situations inacceptables que vous subissez,...

C'est par une collecte en masse que nous pourrons agir en ayant du poids auprès des médias et du ministère!

Luttons pour sortir de la solitude dans laquelle ce statut nous enferme! Nous sommes des centaines de contractuels! Ensemble nous pouvons faire changer les choses!

Moi en tout cas, j'y crois car nous avons moins à perdre à réagir qu'à nous taire et subir un statut qui alors ne changera jamais!

jérôme

Action de soutien aux contractuels de Tulles - Naves

L'équipe pédagogique du LEGTA de Tulle-Naves (Corrèze, 19), réunie en AG
ce jour, vendredi 14 nov 2008, a décidé de mettre en oeuvre une action de
rétention des notes, comme 70 établissements de l'enseignement agricole,
qui participent à l'action initiée par l'intersyndicale SNETAP-FSU,
SYAC-CGT et SUD Rural dès la prérentrée.
Il s'agit de soutenir les contractuels en grande précarité et d'obtenir
des moyens pour l'enseignement agricole.

Décisions de l'équipe de Naves:
- blocage des notes
- envoi d'un courrier de demandes au SRFD (contrats aux ACEN, paiement des
salaires en totalité) et d'information sur les actions qui seront engagées
la semaine prochaine :
= rétention des notes
= prise en charge des élèves par les profs mais pas de cours dispensé à partir de jeudi 20 nov 2008

D'autres courriers informent parents et administration.
-une motion est rédigée pour le prochain CA


L'assemblée générale de tous les enseignants du LEGTA de Tulles-Naves