mercredi 11 février 2015

Une collègue Licenciée sans préavis et indemnité pour avoir aidé un apprenti

Quelques nouvelles d'une récente salariée licenciée.

J'ai été licenciée brutalement le 9 décembre au soir, sans préavis ni indemnités me laissant sans emploi et donc sans rémunération, du jour au lendemain ,après 14 ans d'ancienneté dans un CFPPA. 
La procédure  dure depuis 6mois (avertie pendant les vacances d'été) et j' ai tout de même pu et dû continuer mon activité professionnelle , en ayant cette épée de Damoclès au dessus de la tête.

Que me reproche t-on ?  Une faute professionnelle grave !

 je suis accusée d'avoir falsifié fin mai 2014 une évaluation orale (UC4) portant sur un rapport de stage d'apprenti en CAPA. Pour ma direction cette faute grave est principalement caractérisée par « l'usage de faux en écriture » et de « fausse signature ».

Une telle faute, si elle est prouvée, ne porte pas préjudice à l'apprentit car mon intention était de lui rendre service dans une attitude d'empathie. Je n'ai tiré aucun bénéfice personnel d'une telle erreur,. Au final j'ai mis  péril ma carrière ! Sur cette fin d'année scolaire, je rencontrait des difficultés personnelles et dans la confusion j'ai voulu permettre à cet apprenti de se présenter à l'examen du CAPA. 

J'ai lancé, avec l'appui de la CGT, une pétition de soutien demandant une sanction proportionnée à la faute que j'ai toujours reconnu !
http://www.petitions24.net/contre_la_sanction_de_licenciement_dune_formatrice_de_cfppa

50 collègues de mon établissement et 150 du Ministère de l'Agriculture, soit au total plus de 200 m'ont soutenu, en signant cette pétition. Je tiens à les remercier.



Le couperet s'est abattu le 9 décembre au soir ! Licenciement !
Le matin une lettre de convocation sur mon bureau et à 16h la remise de mon attestation pôle emploi avec ces propos de la direction :"c'est votre dernier jour de service dans l'établissement".

Cette façon de procéder est inhumaine et à la veille de Noël. Elle me prive, mon fils de 15ans et moi même  de toutes ressources financières; Cette décision brutale ne m' a pas permis d'expliquer ma situation à tous mes apprentis et apprenants et collègues de travail.
Comment comprendre que la direction n'ait pas suivi l'avis du Directeur Régional et de la commission consultative paritaire de début octobre qui a estimé que la sanction de licenciement était disproportionnée par rapport à la faute commise.

Le tribunal administratif de Marseille a rejeté sur le fond début janvier  la demande de suspension de la décision (référé suspension) au motif qu'il n'y avait aucune irrégularité dans la procédure de licenciement et que la sanction n'était pas disproportionnée ! Le recours pour ma réintégration sera examiné d'ici quelques moi (entre 12 et 18 mois)

Je suis au chômage et j'ai besoin de votre soutien pour ne pas tomber dans l'oubli.

Je remercie tous les collègues qui m'ont envoyé un message de soutien (voir sur la pétition http://www.petitions24.net/forum/112669)

Sophie
Février 2015

Un exemple de "la triple performance" dans une exploitation d'un Lycée Agricole Public

A l’occasion de la rentrée scolaire 2014-2015 le paysan du midi titrait :

"Tous les feux sont au vert pour cette rentrée 2014-2015 : financiers, pédagogiques, administratifs; et des effectifs en hausse."La machine tourne’’ "
"La situation financière de l'EPL est très largement assainie. En 2013, tous les centres lycée, CFA, CFPPA, exploitation agricole présentent des résultats à l'équilibre. Nous regardons l'avenir avec plus de sérénité." Les propos du directeur de l'établissement agricole (.../...) tenus au printemps dernier, se vérifient lors de cette rentrée 2014-2015 : "Nous pouvons dire que cette rentrée se déroule dans de bonnes conditions", n'hésite pas à confirmer le directeur. D'autant qu'à ce mieux financier, les volets administratif et pédagogique sont au diapason."

L’excellence au ******* de ********* est le titre d’un article paru le 04 avril 2014 dans ce journal.
On pouvait y lire : " "Nous rêvons maintenant d'une récompense au Concours général ! Outre la reconnaissance du travail accompli, ces récompenses sont un plus pour la construction de la notoriété du domaine. Et participent à l'optimisme envers l'avenir", s'enthousiasme  ***** ***** (NDR: le Directeur d'exploitation) Tous ses produits sont commercialisés au caveau de l'exploitation ouvert tous les après-midi du mardi au vendredi de 14 h à 18 h et le samedi matin de 9 h à·12 h."

Dans les documents du conseil d’administration qui se tenait le ** ******** 2014, on peut lire notamment :
Concernant les axes stratégiques du domaine:
"Développement des ventes au caveau 
Développement des animations au caveau et maintien des foires extérieures les plus intéressantes.
Développement des ventes de produits annexes (mise en avant de produits d'autres lycées agricoles)
Développement de la communication (Fichier client, site Internet, E boutique ...)"
Le développement de ces activités est en lien direct avec les compétences et le travail effectué depuis des années par une des salariées (en cours de licenciement) .

Le développement d’analyse et d’outils technico-économique :
"Cette analyse pourrait comprendre quatre axes d'investigation:
Analyse globale des charges et produits, analyse détaillée des postes importants en charges et produits,
analyse du résultat, incidence des stocks, Trajectoire financière.
Ce sont la aussi des outils qui nécessitent du temps de secrétariat.
De plus, le graphique d’évolution du chiffre d'affaire vente directe présenté aux administrateurs le 5 décembre
Indique un chiffre d’affaire prévisionnel pour 2014 identique à celui de 2013."

Enfin dans ce document on peut lire au chapitre : ‘’projet« enseigner à produire autrement’’
"La mise en place d'un programme régional « Enseigner à Produire Autrement» est un enjeu fort pour l'agriculture du Languedoc-Roussillon et constitue un défi à relever pour les établissements d'enseignement et de formation agricole. En effet, parvenir à la transition Agro-écologique souhaitée pour l'agriculture française nécessite des innovations scientifiques et techniques mais aussi sociales et collectives en termes d'organisation, de coopération et de modalités d'investissement.
Cette transition vers de nouveaux modèles de production plus durables repose sur une modification majeure des cadres de pensée, des modes d'acquisition et de transmission des savoirs et des pratiques."

Un lecteur attentif de ces articles et documents penserait sans nul doute que tout va bien sur l’exploitation du lycée agricole de ******** et l’évocation de licenciements dont un pour un motif économique apparaîtrait antinomique .Cependant, l’étonnement du lecteur n’est rien par rapport à l’indignation et au dégoût de salariés qui depuis 20 ans travaillent et sont les chevilles ouvrières du ******* de *******.


La machine tourne mais pour les salariés de l’exploitation c’est une machine infernale !
Le 16 septembre 2014 une salariée qui depuis 24 ans est responsable du caveau de vente directe et assure le secrétariat et des animations avec enthousiasme et compétence alerte le proviseur sur des pressions et des humiliations quelle subie. Son poste de travail est modifié, des reproches sur lui sont formulés sur le montant des ventes .Indignées par cette situation injuste eu égard à sa passion de son travail elle saisi l'Inspection du travail et la médecine du travail.

Le 24 novembre 2014 elle reçoit un courrier en recommandé qui lui annonce : "Nous sommes contraints d’engager une réorganisation de notre société et notamment l’activité caveau afin de sauvegarder sa compétitivité."
Ce courrier est envoyé une dizaine de jours avant le conseil d’administration. Dans les documents transmis aux administrateurs il n’est fait aucune mention des difficultés économiques et de ce probable licenciement !
Ce courrier énonce les motifs du licenciement économique envisagé : baisse du chiffre d’affaire de la vente réalisée dans le caveau, baisse du nombre de visiteurs. Le budget prévisionnel présente au conseil d’administration présente un excédent de plus de 40 000 € ! Le fondement des motifs économique résulte d’un calcul qui affecte le salaire du salarié à la seule vente directe ce qui est restrictif de ces activités et qui de plus est un mode de calcul absurde. Ainsi en appliquant cette affection du salaire qu’adviendrait il du directeur ou d’autre personnes dont le salaire ne peut pas être affectée à une activité. Ce procédés n’affiche t-il pas une charge directe sur le salarié et la volonté de la direction de s’en séparée ?
Enfin, la direction signale dans ce courrier envisage une modification des fonctions soit 50 % du temps consacré à la vente au caveau et 50 % de travaux dans les vignes alors que le salarié souffre de la cheville et du coude.

Le 10 décembre 2014 le salarié répond par la négative aux propositions de son employeur. Elle signale qu’elle regrette l’analyse tardive de la rentabilité du caveau, si toutefois celle ci était avérée car cela fait plusieurs années qu’elle subie des pressions sur son lieu de travail sans en connaître la cause. Elle fait observer que depuis son arrêt, le nombre de client a baissé de moitié et que le chiffre d’affaire des ventes au caveau enregistre un recul de 50 %.

Le 08 janvier 2015, elle reçoit par lettre recommandée une proposition de reclassement. Dans ce courrier on peut lire : Dans le cadre de la procédure de licenciement dont vous faites l’objet, nous avons engagé des recherches de reclassement destinées à exploiter toutes les solutions de reclassement au sein de la société et du groupe auquel elle appartient. La proposition de reclassement est de faire 24 h hebdomadaire de secrétariat administratif et commercial. La direction précise qu’elle engage des recherches d’une solution en externe. La date de reprise est le 19 janvier alors que la salariée est en arrêt jusqu'au 16 février 2015 !
Le 15 janvier Le salarié refuse la proposition : Il m'était déjà difficile d'accomplir les taches détaillées sur ma fiche de poste en 35 heures (cette fiche a été élaborée par moi même à quelques détails prêts qui ont été rajoutés par mon responsable), ce sera impossible sur 24 heures hebdomadaires.

vendredi 4 mars 2011

Négociation Précarité dans la fonction publique

Pour les infos sur les revendications de la CGT, de SUD et de la FSU dans le cadre des négociations avec le gouvernemenr Fillion, cliquez sur le lien suivant:
action antiprécarité dans la fonction publique

Une nouvelle affiche pour relancer la campagne de témoignage

jeudi 3 mars 2011

Le protocole Tron est une arnaque

ChèrEs CollèguEs,

Suite aux discussions entre le gouvernement Filion et les organisations syndicales, nous sommes quelques militants syndicaux à être très insatisfaits des propositions visant à installer durablement la précarité dans notre ministère.


manifestation de février 2011 contre la précarité

Il n'y aura pas de plan massif de déprécarisation pour les 25% de précaires de notre ministère.

Affiche intersyndicale CGT-FSU-SUD

Nous avions participé avec un collectif de précaires, animé par Jérôme, au lancement de ce blog en 2007. Il a été une réussite avec les nombreux témoignages recueillis.

Depuis mars 2009, ce blog n'était plus actualisé, suite notamment au départ de Jérôme de l'enseignement agricole. Son poste avait été pris par un titulaire d'EPS de l'éducation nationale. Jérôme ayant une famille ne pouvait pas une nouvelle fois changer d'affectation et il a donc fait une demande de CIF pour une nouvelle orientation professionnelle. Merci à lui pour ce travail et bonne chance pour la suite.


Nous souhaitons donc relancer ce blog et lancer une campagne d'affiche pour faire connaître son existance. Dans le même temps, nous avons créé une communauté sur facebook : "précaires ministère agriculture".

Nous attendons donc vos témoignages et vos propositions d'actions.

Les administrateurs

mardi 31 mars 2009

200 ETP de précaires supprimés à la rentrée scolaire 2009

Suite à des fuites lors d'une réunion mensuelle des DRAAF le 9 mars dernier, pour respecter les plafonds d'emplois (nombre maximum d'emploi équivalent temps plein travaillé) du programme 143 (enseignement technique agricole), les représentants de la DGER ont clairement annoncé qu'ils allaient supprimer 200 ETP soit environ 250 à 300 contrats de collègues à la rentrée scolaire 2009.
Depuis quelques jours, des informations nous remontent des établissements faisant état d'instructions de la part des SRFD de revoir les ouvertures, maintiens et fermetures de classes avec des demandes de réduction des moyens.

Ainsi, lors du CTPC DGER du 31 mars, le Directeur général n'a pas contredit ces informations et a expliqué que l'application de la réglementation pour les contractuels (temps de travail correspondants à la réalité sur les contrats) et leur gestion au niveau national, aurait, selon ses propos, "coûté 50 ETP" sachant que le nombre de départ à la retraite de titulaires étant insuffisant par rapport aux prévisions, il n'y avait pas assez d'emplois supprimés.

Comment la DGER va-t-elle réussir à répondre aux besoins d'enseignement ? Selon les propos tenus dans cette réunion mensuelle de DRAFF du 9 mars, en incitant les titulaires à faire des heures sup' !!

Nous devons donc réagir pour sauver ces emplois et mettre les titulaires devant leurs responsabilités:

une heure sup' acceptée c'est 1/18 de l'emploi d'un collègue précaire supprimé !!


samedi 28 mars 2009

L'esclavage existe encore... même au MAP!

Bonjour
je suis assistant d'éducation dans un lycée agricole, je voudrais témoigner des difficultés rencontrées sur mon lieu de travail.

Les horaires sont assez difficiles à gérer! Je fais régulièrement onze nuits consécutives au boulot auxquelles s'ajoutent encore des journées de présence, en l'occurrence 2 ou 3 par période de Onze jours. Cela est lié au fait que certains étudiants restent au lycée le week-end.

En onze jours, je fais donc 184 heures qu'on me compte 123,5 heures travaillées.

J'ai posé la question de la légalité de ces horaires, en réunion au directeur, et on me répond que tout est légal...Pas de jour de repos hebdomadaire, des semaines allant jusqu'à 89,5h, le tout pour un salaire royal de 1093 € net. (j'ai une prime généreuse de 2,29 € brut par mois car je suis père d'un enfant de 6 mois, youpi!, heureusement qu'il a des couches lavables)

On nous demande d'être vigilant, on nous confie la responsabilité de soixante adolescents dont un certain nombre en difficultés, on travaille en sous effectif quasi permanent, le remplacement des collègues en arrêt maladie n'étant pas systématique ( on ne peut pas trouver un remplaçant pour quinze jours et il n'y a pas de petites économies), et bizarrement il y a des arrêts maladie. D'ailleurs, la médecine du travail, je n'en ai pas entendu parler, ça ne doit sans doute pas nous concerner.

Heureusement qu'il y a des grèves pour faire des pauses, tiens d'ailleurs maintenant quand on fait grève on est remplacé par l'équipe de direction et les CPE!
Moi la prochaine grève, j'espère que ce sera pas le premier Mai et quelle sera reconductible.

Je vous souhaite un bon courage à tous, merci de ne pas publier mon email sur le site, je préfère rester anonyme pour l'instant, si d'autres souhaitent monter une action collective, pourquoi pas..

vendredi 20 mars 2009

Salut à tous et toutEs,

En ces temps d'annonces d'affectation de titulaires et de nomadisme imposé pour les précaires, voici quelques photos de la manif' du 19 mars, où de nombreux précaires du MAP étaient présentEs. Pour vous réconforter et vous prouvez que l'action collective va payer....

Une manif historique
Des manifestants qui scandaient tous " Et là tu m'vois pov' con ?"



A Marseille

A Paris
Quelque part en France

Dans une Fac




Thomas

mercredi 4 mars 2009

Tribulations des contractuels d'une école d'ingénieur du ministère de l'agriculture

Bonjour,

A mon tour de vous raconter les tribulations des contractuels d'une école d'ingénieur du ministère de l'agriculture implantée dans toute la France...

Je me présente : assistant de direction dans un service de formation continue depuis plus de 5 ans, je suis devenu aussi représentant des contractuels à la commission consultative des contractuels.

Voici un petit florilège de ce que j'ai pu apprendre :

Attention faut suivre hein

Les postes "administratifs subalternes" ou dit autrement les postes de catégories C et B sont :

- sur 10 mois à 100 % puis interruption de 2 mois donc aucune ancienneté et gros risque de ce faire piqué le poste par un autre contractuel ou même un titulaire...

- sur 12 mois à 70 % renouvelables, au bout de 6 ans il y a possibilité d'être mis en CDI à condition que l'établissement puisse assurer le coût budgétaire sur plusieurs années (le calcul n'est pas toujours évident...).

Les postes "supérieurs" de catégorie A, utilisés un petit peu à toutes les sauces, il "suffit" pour cela d'avoir un BTS et vous pourrez devenir "Responsable de l'accueil", "Chargé de mission de clientèle"..., j'en passe des pas tristes du tout...

Mais attention, votre poste est susceptible de disparaitre du jour au lendemain pour un peu qu'un titulaire pose sa candidature...

Je n'évoque même pas le sujet des salaires car les modes de rémunérations sont affligeants (pour rester poli...) alors même que certains responsables financiers vous affirment que l'absence de primes est prise en compte dans le mode de calcul de la rémunération

Le meilleur je le garde pour la fin quand même : en tant que représentant du personnel depuis 2 ans, je ne sais toujours pas qui je suis censé représenté à part moi

Tout ça pour quoi ? J'ai le bonheur d'avoir une charge de travail supérieure à celle de la titulaire qui bosse dans le même service, je suis payé "très royalement" tout juste les 70 % du smic que l'école est censée me payé et j'attends avec impatience mon prochain renouvellement qui sera un nouveau CDD car mon intitulé de poste changeant à chaque fois, je n'ai pas d'ancienneté suffisante sur mon poste pour prétendre à avoir un CDI pour tout de suite...

En commission, mes interlocuteurs s'étonnent de m'entendre râler contre ce type de contrats et me disent que si je ne suis pas content je n'ai qu'a refuser de les signer ou à passer le concours pour devenir titulaire...

Après on s'étonne qu'un certain nombre de personne ne font pas grand chose au travail... moi je peux vous dire pourquoi

--
Cordialement

Fanch

Coup de gueule sur les concours!

Bonjour,
La précarité a encore de beaux jours devant elle. Il n'y a que 56 postes en interne cette année (pour toutes les catégories).
Sans compter qu'il y a des matières où il n y a toujours pas de poste (exemple eps).

J'entends déjà les collègues titulaires de mon lycée dans la salle des profs s'offusquer de cette situation: "y a encore du café ?"

Cordialement,

Christophe

Nous sommes des pions, c'est évident!

Bonjour,

Je trouve très utile votre blog. Si vous souhaitez utiliser mon témoignage, le voici en quelques phrases. J'aimerai qu'il reste anonyme.
Merci.

Je suis un contractuel qui vient de prendre un poste à Périgueux, à 2h30 de route de mon domicile.

Je laisse ma famille composée de 2 enfants deux jours et demi par semaine pour un poste à 60%.

Sur les 800 Euros de mon salaire mensuel, je dois enlever les frais de carburant et 170 Euros de frais d'hébergement.

Avant cette situation, j'ai travaillé 8 ans sur un poste plein mais un reçu-concours a pris cette place.

Je ne retrouverai pas ma place, malgré mon CDI. C'est injuste car je faisais bien mon travail. Inspection favorable et compétence reconnue.

Nous sommes des pions, c'est évident.

Tony

Collectif PAPERA

Je vous invite à aller visiter le site du collectif des précaires de l'enseignement supérieur et de la recherche.

http://www.collectif-papera.org

Jérôme

Compte rendu du groupe de travail sur la précarité au MAP

Un message que j'ai essayé d'envoyer à l'ensemble des contractuels d'enseignement du MAP sans succès puisque les fonctionnalités de la boite mail google m'a planté les 2 tiers des envois....

Cette lettre faisait suite à une réunion pour un groupe de travail sur l'emploi précaire au Ministère présidé par Mme Pascale MARGOT-ROUGERIE, chef de service chargé des ressources humaines au secrétariat général.

Grâce au blog, je remet en circulation cette lettre afin que ceux qui n'y ont pas eu accès puisse lire les informations qu'elle contient.

Bonne lecture

" Bonjour à tous,

Je suis Jérôme COGE, enseignant ACEN EPS, animateur du collectif des précaires du Ministère de l'Agriculture et de la Pêche (MAP) et représentant syndical SYAC CGT aux commissions de reclassement des contractuels.

Certains d'entre vous me connaissent car ils sont déjà membres du collectif, d'autres parce qu'ils sont mes collègues de travail et encore d'autres car je les ai aidés à plaider leur cas face au ministère.

Je me permets aujourd'hui d'écrire à l'ensemble des ACEN du MAP car je participais mercredi à un groupe de travail sur la précarité présidé par Pascale MARGOT ROUGERIE. Et j'estime que je me dois de vous faire part avant tout en tant que collègue ACEN de mes impressions.

La première a été que le ministère ne contrôle rien aujourd'hui sur la gestion de son personnel enseignant, et en particulier sur les futurs départs en retraite et sur les situations des ACEN.
Ma deuxième impression est plus un constat, le ministère n'a en aucun cas, quoi qu'en dise le ministre dans ses bons voeux, la volonté de résorber l'emploi précaire. Deux raisons à mon constat: aucune ligne budgétaire n'est prévue pour créer un plan de déprécarisation dans les années à venir et le ministère n'est pas capable aujourd'hui de fournir une liste complète du nombre de postes proposés aux concours et dans quelles disciplines.

Nous n'étions donc réunis que dans un seul but: discuter sur le rapport du CGAAER (Conseil Général de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Espaces Ruraux) que je vous mets en pièces jointes pour information afin que vous puissiez en prendre connaissance même si tout son contenu ne concerne pas l'enseignement (PJ1 rapport, PJ2 Annexes).
Les préalables cités plus haut, à une discussion avec le ministère n'étant pas réunis, nous n'avons pas souhaité entamer une discussion sur ce rapport dont bon nombre de propositions d'aménagement du statut contractuel sont contestables, pour ne pas dire toutes!

Je me permets d'écrire à titre personnel plus en tant qu'ACEN et en tant qu'animateur du collectif des précaires qu'en tant que représentant syndical, car si la colère l'a emporté sur la déception mercredi face à cette attitude des représentants du ministère, c'est l'inverse aujourd'hui!

Le seul point positif qui ressort de cette entrevue à mes yeux est l'exceptionnelle unité des 6 organisations syndicales (OS) sur ce sujet. Fait à marquer d'une pierre blanche car peu de sujets ont réussi à les réunir d'une seule et même voix! Je vous invite du coup à relire l'avis intersyndical (PJ3) que vous avez normalement déjà reçu concernant la position des 6 OS vis à vis de cette réunion et de ce rapport.

Si une réunion de ces 6 OS est prévue le 3 février pour se consulter sur les critiques à apporter à ce rapport du CGAAER afin de le critiquer d'une seule voix intersyndicale, il me semble important de vous alerter sur les quelques points les plus inquiétants!

En effet le ministère n'envisage que des concours internes ou externes, et non pas réservés comme le veulent les OS! Ce qui pose le problème d'une ouverture de ses concours à des personnes autres que les ACEN en poste depuis plusieurs années contrairement aux concours réservés.
Le ministère veut également proposer de ne pas maintenir au delà de six ans les ACEN échouant aux concours. Le problème est que si préparer un concours en assumant son travail d'enseignant correctement est déjà difficile, il l'est encore plus quand l'enseignant change chaque année d'établissement, d'équipe pédagogique, de lieu géographique, de logement,... sans parler de l'impact moral des conditions de vie familiale. De plus sur ce sujet, le flou reste sur la volonté de professionnaliser le concours puisque aucun détail n'est donné sur ce concept!
Autre point inquiétant, celui de limiter le recrutement de nouveaux ACEN, en privilégiant le recours aux vacations (intervention de professionnels, d'agents des services déconcentrés,..) dans les matières techniques; et en privilégiant le recours aux heures supplémentaires dans les matières générales. Ce qui aura bien entendu un impact sur les ACEN plus anciens avec les années et les baisses annuelles de DGH; et qui accentuera la division déjà existante entre titulaires et contractuels.
Point inquiétant supplémentaire, la mise en commun de statut et concours avec l'Education Nationale (EN) semble intéressante dans un premier temps mais à la condition de ne pas passer sous la tutelle de l'EN au profit des agents de celle ci. Certaines disciplines comme l'EPS voit déjà certains de leurs postes proposés aux mutations EN alors qu'aucun concours de déprécarisation n'existe sous quelque forme que ce soit pour les contractuels de cette discipline.

Vous le constaterez en prenant connaissance du contenu du rapport, ce ne sont que quelques unes de ses propositions honteuses!

Je sais qu'il est inutile d'accentuer la relation tendue entre titulaires et contractuels sur le sujet des mutations titulaires facilitées au mouvement par l'existence des contractuels. Mais force est de constater aujourd'hui qu'à peu d'exception près, la mobilisation des titulaires pour nous défendre est quasi inexistante! Même si bon nombre d'entre eux ont été dans notre situation auparavant! Heureusement certains nous soutiennent activement mais combien sont ils?

Je sais aussi que notre quotidien familial et financier est de plus en plus difficile d'année en année, mais ce n'est pas en laissant se pérenniser la précarité au Ministère de l'Agriculture que les choses s'arrangeront.
Bien entendu on peut faire ce que j'ai moi même fait pendant des années, attendre en serrant les fesses que le temps passe, avec ce mal de ventre chaque année en juin de savoir si on va se faire prendre notre poste, et en soufflant quand c'est le collègue contractuel d'une autre matière qui saute!

Mais j'ai personnellement fini de manger mon pain blanc, quitte à être viré un jour, je veux me battre! C'est pour cela que quelques uns d'entre nous , nous sommes réunis et avons créé le collectif des précaires! C'est aussi pour cela que j'ai fait le choix personnel d'intégrer un syndicat et d'en devenir militant!

Chacun est libre de choisir son attitude, mais je crois de plus en plus que notre peur d'être sanctionné si nous faisons grêve ou si nous manifestons notre mécontentement parce que nous sommes contractuels n'est plus justifiée!
Je crois qu'ils ont trop besoin de nous pour fonctionner, preuve en est que 459 néo contractuels ont encore été recrutés en septembre 2008 avec les problèmes de contrat et de versement de salaires dont nous sommes tous au courant.
Je crois aussi que de toute façon se taire n'empêche pas d'être obligé un jour ou l'autre de muter de force dans un autre établissement!

Je crois aussi que nous sommes plus de 1400 ACEN enseignement toutes structures scolaires du ministère confondues, ce qui représente un chiffre considérable!
Je crois que personne mieux que nous ne peut choisir à notre place de nous battre!

Nous pouvons manifester jeudi 29 janvier!
Si financièrement faire grève est impossible, nous pouvons négocier avec nos collègues titulaires qui feront grève pour qu'ils viennent bloquer l'entrée de l'établissement afin que l'administration ne puisse définir qui est gréviste!
Et je suis sûr que beaucoup d'actions sont encore possibles......... à la condition de redresser la tête, de sortir de cette solitude fataliste dans laquelle ce statut nous enferme! Il est sûr que l'on n'est jamais aussi malléable que lorsque l'on croule moralement sous les difficultés!

Au delà d'essayer de vous motiver à vous rebeller jeudi 29 janvier, je vous invite également à faire vivre le blog des précaires (http://precaires-ministere-agriculture.blogspot.com/) en témoignant anonymement ou non de la précarité de votre situation, de vos difficultés professionnelles, financières et familiales,...
Ce blog n'a pas pour vocation de servir d'exutoire mais bel et bien de servir prochainement d'exemple en donnant des cas concrets des difficultés quotidiennes que nous connaissons tous dans des interventions auprès des médias, des politiques, du ministère...!

Je vous présente mes excuses car je n'ai pas fait évoluer le blog depuis le 8 décembre. Si mon actualité familiale m'en a empêché, je ne reçois malheureusement plus de témoignages.
Et pour moi ne plus recevoir de témoignages signifie que le fatalisme reprend le dessus sur l'envie de faire changer les choses.
Je viens pourtant d'être contacté par le blog des précaires de la recherche publique (http://www.collectif-papera.org). Preuve supplémentaire que nous ne sommes pas seuls à chercher à nous battre contre ce statut précaire.

Chers collègues faisons changer les choses!
Ce ne sera ni simple, ni facile, ni rapide.... Mais si nous sommes décidés à réagir ensemble, nous avons plus à gagner qu'à nous taire!

Jérôme

Article sur le site Café Pédagogique

Action de décembre 2008


Début décembre, j'ai été contacté par Monique ROYER, chargée d'ingénierie de formation Enilia-Ensmic et aussi rédactrice au café pédagogique (http://www.cafepedagogique.net).

Elle souhaitait faire un article sur notre blog et parler de la situation des contractuels dans l'enseignement agricole public. Elle m'a donc transmis un questionnaire auquel je me suis attaché à répondre le mieux possible.

Le 15 décembre un article était publié, intitulé:

"Contractuel, un Blog pour briser le silence."


Bonne lecture à tous

Jérôme

Reprise d'activité du Blog

Toutes mes excuses à l'ensemble d'entre vous pour cet arrêt de publication... Papa pour la deuxième fois depuis décembre, je n'ai pas eu le temps ces derniers mois de m'occuper du blog...

Aujourd'hui c'est reparti, j'essaye de reprendre de là où je m'étais arrêté... à savoir la publication d'un article parlant de notre situation sur le site café pédagogique. (voir message suivant)

Je n'ai toutefois pas abandonné totalement mes actions puisque j'ai quand même participé à un certain nombre de réunions au ministère sur la précarité et notamment à un groupe de travail sur un rapport du CGAAER (Conseil Général de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Espaces Ruraux) à propos du recours à l'emploi contractuel au sein du ministère de l'agriculture et de la pêche.

Je sais aussi que pour la quasi totalité d'entre vous les problèmes de contrat ne sont pas résolus....

Courage à tous et continuez à participer sur le blog et à le diffuser auprès des précaires de votre connaissance.

votre modérateur
jérôme

lundi 8 décembre 2008

Entre septembre 1999 et décembre 2008, j'aurais accumulé 20 mois de retard de salaires

Ce blog me donne enfin l'impression de ne pas témoigner dans le vide sidéral qui entoure les contractuels de l'Etat.

Et oui, je dis bien ETAT. Celui-ci même qui n'hésitera pas à vous mettre une pénalité de 10% si vous dépassez ne serait-ce que d'une heure la date limite de paiement de vos impôts (cachet de la poste faisant foi).

Je vais vous conter ma petite histoire :

Tout commence en 1999, major de ma promo de DEA, j'obtiens une allocation de recherche pour faire ma thèse et un poste à mi-temps comme monitrice à la Fac (un tout petit mot pour des profs qui font le même boulot qu'un enseignant-chercheur sauf qu'ils ont pas encore leur doctorat). CDD de 2 ans renouvelable 1 an. 3 ans maximum. Royal!

Je dois attendre mon salaire trois mois, qu'importe j'étais une misérable étudiante et je sais me serrer la ceinture.

Trois années passent, je décide de ne pas faire de demande de poste d'ATER (Attaché Temporaire d'Enseignement et de Recherche) pour finir ma thèse en 4ème année. ATER, c'est un statut bâtard, c'est comme les contractuels de l'enseignement agricole mais en pire : c'est un CDD d'un an renouvelable 1 an maximum. Je me réserve donc ces deux ans après le doctorat car je sais que les postes de titulaires se font rares, surtout dans ma matière.

Manque de bol, mes allocations chômage relèvent du rectorat et non des assedics et il faut savoir que pour l'ARE (Allocation de Retour à l'Emploi), c'est pareil que pour les salaires : « Veuillez attendre 3 mois avant premier paiement mademoiselle ! »

Là encore, j'avale la pilule, j'ai une thèse sur le feu ...


2004. Je soutiens ma thèse enceinte jusqu'aux yeux et obtiens un poste d'ATER dans ma ville. Nouveau contrat, nouveau trimestre de retard ... là encore je la boucle, de toute façon à qui le dire d'autre qu'à la pauvre secrétaire chargée d'enregistrer les dossiers.
Je fais mes 2 ans, je suis reçue sur la liste d'aptitude et ... ne trouve jamais de poste de maître de conférence. Ce bon vieux système de cooptation ne semble pas considérer l'intérêt de mon travail.
« Enchaînez trois ou quatre post-docs, et vous aurez un dossier digne d'un directeur de recherche, là vous trouverez certainement un poste » était le discours généralisé de mes paires titulaires.
NDLR : un post-doc c'est un CDD de recherche, de 6 à 24 mois maxi, payé entre 1100 € et 1500 € et pouvant se trouver n'importe où sur la planète.

Je décroche donc un post-doc à Paris dans un institut ultra renommé : gros points noirs 18 mois maxi et 1 500€ ......... pour une famille c'est bien trop précaire, de surcroit à Paris. Quelle idée aussi de faire des gosses à la fin de ses études, même à 30 ans !

C'en est trop, je jette l'éponge et pour « squizzer » la pénible phase des 3 mois sans ARE, je me jette dans le privé. Petit travail sympathique et intéressant, avec une paye acceptable, mais .... avec un patron tyrannique avec une nette tendance au harcèlement. En janvier 2008, je suis licenciée au bout de 20 mois pour m'être opposée aux pratiques de ce petit dictateur. Bon, rien de grave en somme, j'ai suffisamment cotisé au chômage pour que je puisse me retourner et peut-être revenir vers l'enseignement qui me manque.

Horreur ! Malheur ! Les assedics rejettent mon dossier : mes indemnisations chômages doivent être versée par le Rectorat car j'ai acquis plus de droits dans la fonction publique que dans le privé.

Et voici le déroulement de l'année 2008 :

janvier : dépôt de mon dossier aux assedic et rejet mi-février

mi-février : dépôt d'un dossier ARE au rectorat

mi-avril : premier versement de 50% des ARE dues. Nous n'avons pas payé le loyer et les factures de gaz et d'électricité durant ces trois mois, les frais de mise en demeure, les agios et les pénalités bancaires pleuvent.

Mai : nos cartes bancaires sont bloquées, nous n'arrivons pas à résorber le trou, mes allocations de retour à l'emploi arrivent sur mon compte sous forme d'avance de 85 % entre le 14 et le 26 de chaque mois, avec le complément le 29, lui aussi trois mois en décalé.

Enfin, nous réussissons à rétablir la situation en juillet grâce à l'aide de mes parents.

Août : nouveau coup de massue : le rectorat ferme, tout le monde part en vacances, alors vous comprenez bien qu'il n'y a personne pour faire les mises en paiement ! J'explose, pas de travail en perspective et le cauchemar financier qui recommence : rien de mi-juillet à fin septembre.

Septembre : enfin, une bouffée d'air : un poste d'ESC en lycée agricole, le travail rêvé pour moi ! Sauf que ... visiblement les contractuels sont aussi mal lotis qu'à l'Education Nationale.


Depuis septembre, je sombre à nouveau : toujours pas de contrat, un poste à mi-temps complété de 7 heures supplémentaires (passage à 90% refusé alors même que j'assure plus d'heures de cours qu'un titulaire à 100%).

Première avance de 1250 € le 31 octobre avec promesse que tout le complément serait versé avec mon salaire heures sup' comprises fin novembre.

26 novembre un virement intitulé « paye » de 840€ est versé. On est loin des 1755 € brut mensuel (heures sup' comprises).

Hier matin, message sur mon portable : la voix excédée de ma banquière m'annonce sur un ton humiliant que « ce n'est plus possible, cette fois je bloque vos cartes ». Demain, premier décembre, 16 jours avant l'anniversaire de mon fils et 23 jours avant Noël, nous démarrons le mois avec un débit de 1000€ sur nos comptes.

Pour l'année 2008, j'aurais totalisé 7 mois de retard de salaire ce qui représente environs 25% de revenu en moins envolés en frais d'intérêt, agios, pénalités de retard, commissions d'intervention, pénalités de rejet, frais d'huissiers et j'en passe. (exemple, mon prélèvement SFR de 34 € a été rejeté : 20 € de frais bancaires, ça fait cher l'abonnement)

Entre septembre 1999 et décembre 2008, j'aurais accumulé 20 mois de retard de salaires, non, vous ne rêvez pas, vous êtes en France au XXIème siècle.

Et si je faisais une grève de la faim ? À défaut d'être entendue j'économiserais les frais de nourriture !


Fanny

Précaires... sans salaire... sans contrat...

Bonsoir.

Je suis enseignant en physique chimie au lycée de wintzenheim depuis le premier septembre en tant qu' ACEN.
Mi octobre je pensais que le salaire ne tarderait pas (dans le privé il serait tombé au pire le 12) et lors de la réunion TUTAC organisée sur place, j'ai eu la stupéfaction de voir que je n'étais pas le seul.
Donc j'ai émis l'idée que nous étions bénévoles (hum !) et plusieurs collègues ont fait part de leur situation financière plus que "tendue" (pour rester correct)

Depuis cette réunion on nous promettait un paiement fin octobre puis au 10 puis au 20 novembre...
Ce n'est que le 25 que j'ai pu percevoir 75 % de la somme qui m'était due !

Se rendent-ils compte que derrière chaque prof se cache un être humain qui a besoin de manger et que se déplacer au lycée nécessite de remplir les réservoirs ?

Tant d'inhumanité parait irréel, là encore je resterai courtois mais il y aurait de quoi sortir quelques noms d'oiseaux!
Mais comment font -ils pour être si incompétents, si inhumains ...?
J'espère qu'ils auront au moins la délicatesse de s'excuser (mais ce n'est pas cela qui remboursera les agios payés par beaucoup d'entre nous)

Au lycée, nous avons prévu une journée d'action mardi 9 décembre pour exposer aux parents et aux médias notre situation humiliante, indigne et précaire.

Alexandre

vendredi 5 décembre 2008

De la précarité à …………la précarité.

Piquée par le virus de l’Education Socioculturelle en 1996, j’ai commencé en CFA par des vacations avec la certitude d’avoir trouvé ma voie.

Malgré cela, toute fraîche sortie d’une maîtrise et souhaitant avant tout me former, j’ai navigué vers d’autres horizons et d’autres missions jusqu’en 2003 où je suis revenue à l’ESC en tant qu’ACER à mi-temps.

J’ai fait deux ans dans le même établissement mais ayant besoin d’un plein temps, j’ai demandé et obtenu un poste à 100% à 250km de chez moi. En 2005, j’ai donc fait ce premier déménagement avec grand plaisir et j’ai passé une année formidable dans cet établissement avec en prime une inspection favorable et la reconnaissance de mes pairs.

Mais j’ai du quitter cet établissement puisqu’une titulaire est arrivée l’année suivante …. Pas de chance !!! Ce poste n’avait jamais été demandé par un titulaire depuis de nombreuses années et est actuellement de nouveau occupé par une contractuelle depuis deux ans.

Quoi qu’il en soit, me concernant, on m’a proposé fin août de cette même année un poste à 700 km de là….que j’ai accepté. J’ai donc remballé mes cartons avec un peu moins d’enthousiasme et surtout une facture plus substantielle.

Après une année dans cet établissement, j’ai eu une première proposition de poste à mi-temps à une centaine de km de mon lieu d’habitation et surtout une contractuelle déjà en poste peu désireuse de le « lâcher » ….je passerai les détails peu glorieux de cette période de harcèlement téléphonique pour m’inciter à trouver un poste ailleurs (comme si j’en avais le libre choix)…. et l’accueil « islandais » que m’ont réservé ses collègues lors de mon arrivée….

Suite à moult remous, j’ai au final « atterrie » dans un autre établissement à plein temps mais à 300km de chez moi….tout le monde était content !!!!

Cette fois, impossible d’envisager de nouveau un déménagement (mes finances criaient famine)…..j’ai donc opté pour une double résidence… et oui, quand on est contractuelle au MAP on ne se refuse rien…. Mais l’un dans l’autre, entre les deux loyers et les allers-retours….. j’ai craqué en janvier et démissionné….. suite à une proposition de CDD dans le secteur privé (ce qui relève d’un petit miracle quant on connaît la réticence des employeurs quand on annonce plusieurs années dans l’enseignement public….)

Février 2008, j’ai donc commencé une nouvelle vie avec le regret de quitter une profession que j’aimais….(Eh oui, ça arrive !) et pensant que mes tribulations de précaire au MAP étaient derrière moi.

Erreur, mon CDD n’ayant pu être renouvelé en juillet dernier faute de moyens, je me suis donc inscrite en tant que demandeur d’emploi et là……l’ASSEDIC m’a renvoyé vers le MAP responsable de ma prise en charge au titre de l’Allocation de Retour à l’Emploi.

Cette demande est en cours depuis le 8 août 2008….. nous sommes le 1er décembre….. je n’ai toujours aucune réponse effective du MAP quant à ma prise en charge éventuelle, et bien évidemment plus aucune rentrée d’argent depuis cette date. Pour le petit plus : mon dernier courrier recommandé du 20 novembre n’est toujours pas arrivé au MAP car il a croisé sur sa route la grève de la Poste….vraiment pas de chance qu’en on est dans l’urgence…. !!!!!!!!

Parallèlement, impossible de faire des demandes d’aides ou de minima sociaux….la réponse est toujours la même : je suis censée être prise en charge par le MAP…..

Au final : des dettes qui s’accumulent, un pied déjà bien engagé dans l’extrême précarité (je vais bientôt aller grossir les rangs du DAL (association du Droit Au Logement)), des portes qui se ferment un peu partout puisque officiellement je fais parti des demandeurs d’emploi bénéficiant d’une ARE et des journées qui alternent entre coups de téléphone, courriers pour tenter de débloquer ma situation et candidatures à tout va pour ne pas sombrer un peu plus….

Dommage, tout ce temps libre gâché !!!! ….j’aurai pu préparer le concours ESC ré-ouvert en 2009…Mais, là ma raison l’emporte : après un refus de l’administration pour que j’intègre le dispositif SAPIN et deux échecs à l’oral de ce même concours, il me semble évident que tout me dit que je n’ai pas la compétence pour ce métier… !!! Je l’avais juste assez pour boucher les trous en tant qu’ACE….

Hélène

Ex ESC Volante et même plus ... en colère.



mercredi 26 novembre 2008

On commence à parler de nous...

vu sur TF1 le 25 novembre au journal de 20H

http://tf1.lci.fr/infos/jt/0,,4171339,00-les-lycees-agricoles-font-la-greve-d-d-d-d-d-.html

Seul bémol, j'ai mis un commentaire pour contester le terme "quelques cas isolés de contractuels oubliés par l'état" Mais je n'arrive pas à le retrouver sur le site de TF1! Bizarre!

jérôme

CPE Itinérant... presque reçu concours... pas payé!

Bonjour à tous,

Les difficultés accrues de ma situation récente me décident à participer au blog des précaires.

Voici mon parcours:
mi/se pendant 3 ans au lycée professionnel agricole du Pays de Bray (76), j'ai obtenu un poste de CPE contractuel au lycée agricole de Chalons en champagne. J'ai occupé ce statut pendant 6 ans dans trois lycées différents.
Je me suis fait prendre mon premier poste à Chalons dès ma première année par une sortante de concours.
Dans mon deuxième poste au LEGTA de Chambray (27) où je suis resté en poste pendant deux ans, c'est la femme du proviseur qui a pris ma place, titularisée CPE par le plan Sapin.
Je suis ensuite resté trois ans au lycée du bois à Envermeu (76), où finalement mon poste a été pris par une sortante de concours externe qui ne connaissait rien au fonctionnement spécifique de l'enseignement agricole et qui m'a dit qu'elle avait choisi Envermeu car elle était proche de la mer et de la gare! L'impact sur ma vie de sa venue sur mon poste ne la préoccupant pas le moins du monde!

Rentrée 2007, je suis passé en CDI et j'ai pris un congé de formation afin que ma compagne puisse garder son travail et surtout pour tenter le concours interne. Je n'avais ainsi plus de logement de fonction et mon salaire s'est réduit à 1090€ par mois.
Au final, alors qu'en avril 2007, j'avais eu une inspection positive avec un très bon avis et que ma capacité à être CPE était officiellement reconnue, je ne réussis pas le concours! Je suis dernier sur la liste complémentaire et le seul à ne pas avoir obtenu de poste au final! Le plus rageant dans l'histoire, c'est que sur 9 reçus concours, 4 seulement occupés des postes de CPE contractuel.

Pour cette rentrée, je n'ai bien entendu eu aucun de mes vœux, et face à la réalité de la vie et aux difficultés actuelles de trouver un boulot après tant d'année passer dans l'enseignement, j'ai décidé de continuer et ai accepter un poste à 300km de ma petite famille.

Et comme si ma situation était trop confortable, je n'ai pas eu de paye en septembre et en octobre!
Après plusieurs demandes de régularisation soutenues par mes proviseur et proviseur adjointe, j'ai "menacé" la dame du ministère que j'ai eu au téléphone de venir camper dans son bureau jusqu'à régularisation. Il faut croire qu'ils ont cru à ma détermination vu ma proximité de Paris (1h) car tout était réglé en 5mn!

J'allais oublier que j'ai aussi été reçu début octobre au ministère pour discuter de ma non titularisation (vu que j'étais le seul de la liste complémentaire à ne pas être pris). On m'a répondu que mais les textes sont les textes, aucune dérogation! Si ils prennent une personne sur la liste complémentaire de l'interne, ils doivent en prendre deux sur la liste de l'externe....!

Avec tout cela, je suis donc bien entendu partant pour faire parti de ceux qui vont se battre pour que notre statut évolue enfin.

Cordialement
Yann